
Le monde associatif, otage ou complice du politique ?Proposé par Mohsin MoueddenMars 2004 Pour clarifier et ne pas verser dans le simplisme, nous pensons qu'il est important d'avoir une analyse fine de la situation associative au sein de notre pays. Par le monde associatif (1) nous entendons les associations travaillant et oeuvrant dans les quartiers difficiles pour " aider ", " insérer " les jeunes en difficultés, les citoyens immigrés ou d'origines. Le monde associatif politisé depuis des lustres, est un des piliers du monde socialiste et socialiste chrétien, dans un pays où les " chapelles " et " piliers " font la pluie et le beau temps des politiques, depuis la nuit du temps. Ce monde associatif est souvent décrié par les citoyens et le politique, on lui fait peser sur ses épaules une multitude de carences sociales que le politique n'est pas arrivé ou n'a pas voulu résoudre… il est aussi accusé de ne pas régler les problèmes de délinquances, de nuisances publiques ou d'incivilités, pour d'autres de ne privilégier que l'aspect occupationnel, sans véritable projet citoyen ou alors d'être trop militant, engagé, entreprenant à l'égard des " pauvres ", des jeunes fragilisés et des immigrés, lorsqu'il est " autonome " du pouvoir politique. Quoi qu'il en soit, le monde associatif ne laisse personne indifférent. Pourtant il n'existe pas un monde associatif, mais " des mondes associatifs " pluriels, tant par leurs philosophie, idéologie que couleur politique. La détérioration du tissu urbain, la paupérisation et l'abandon de beaucoup de quartiers " immigrés " (2) depuis les années 70 pour des raisons électoralistes, va permettre aux associations de quartier, aux moyens dérisoires, travaillant eux-mêmes dans des taudis, de voir rapidement le jour dès les années 80 pour jouer " au pompier " et donner l'impression aux citoyens que l'on s'occupe d'eux. Ce n'est que vers les années 90 suite aux " révoltes " de Forest, Saint-Gilles et Molenbeek en 1991, que les associations de quartiers vont " penser " jouer un rôle important mais pour beaucoup, elles serviront plutôt à " panser " les plaies d'une misère sociale grandissante. Les plans sécuritaires impulsés par les différents gouvernements depuis les années 90, une xénophobie latente, une délinquance toujours plus accrue, la montée en puissance du Vlaams Block et un paternalisme édifiant à l'égard des populations fragilisées, va permettre à certaines associations " dinosaures " bruxelloises de se revendiquer " porte parole " au nom des " jeunes ", des " immigrés " des " sans voix "… qui très souvent se méfient de ces " grosses boîtes " bien huilées. Cette population fragilisée est un moyen utilisé par les dites associations pour revendiquer plus de moyens financiers, encore et toujours, l'argent restant non seulement la priorité mais aussi le nerf de la " guerre ". Le politique voyant là, une possibilité non négligeable de soutenir des associations ayant pignon sur rue, de rehausser son image ternie et de parader médiatiquement pour espérer en retour récolter les dividendes lors des scrutins, n'hésitera pas à " soutenir " les associations " amis ". Les enveloppes budgétaires et les subsides de ces multitudes d'associations " requins " (3)affiliées de près ou de loin à telle ou telle politique, va " gonfler " malgré des restrictions budgétaires…du travail social on passera très rapidement au contrôle sociale. La marge est en effet minime. Le monde politique ne s'arrêtera pas en si bon chemin, après le contrôle social on pensera l'intégration via la culture exotique et puis l'assimilation en " culturalisant " (4) l'islam (du marocain arabe on passera au musulman), celui-ci devenant le moyen par lequel ses populations vont s'intégrer, s'assimiler, cette vue simpliste ou l'immigré, l'arabe, le turc ou le sub-saharien ne pourra s'intégrer que via l'associatif sera non seulement un échec, mais plus grave est une vue de l'esprit simpliste, caricaturale et fortement empreinte d'un certain néo-colonialisme (peu ou pas d'incitants positifs concernant l'emploi, l'économie et la lutte contre les ségrégations des musulmanes et musulmans cantonnés dans des emplois " jeunes "). Lors des " révoltes " en 1997 à Cureghem à Anderlecht, nous entendrons des responsables politiques " annôner " promettre qu'enfin une véritable politique, un plan " Marshal " verra le jour pour " cette jeunesse oubliée " défavorisée, ces " immigrés " de la deuxième génération… perpétuellement " immigrés ", même en étant nés en Belgique. Juste après les révoltes d'Anderlecht, le gouvernement belge débloquera un montant de plus d'un milliard de francs belges pour différents quartiers bruxellois, dont une grande partie ira d'ailleurs au sécuritaire, (police, gendarmerie, gardiens et éducateurs de rue sans projets) résultant une recrudescence de la délinquance, une frustration énorme au sein des jeunes dépités par un monde politique souvent arrogant et méprisant.
Nous constatons aujourd'hui les effets désastreux de ces politiques paternalistes sans objectif citoyen clairement défini avec la population concernée.
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