
Une chasse aux sorcières institutionaliséeProposé par Mouslim AboutasnimMai 2004 Samedi 1er mai 2004 à 15h00, Mihdat Guler, président de l’association dite « Association islamique en France » qui gère un lieu de culte situé dans le XIème arrondissement de Paris, a été interpellé par les forces de police et conduit au centre de rétention de Roissy placé sous le coup d’un arrêté d’expulsion. Les faits reprochés : « liens avec la mouvance terroriste ». Le tribunal de Meaux vient de décider sa mise en résidence surveillée et n’a pas jugé opportun de prolonger sa rétention administrative. Cette décision intervient alors que le 21 avril dernier, le ministère de l’intérieur a procédé à l’expulsion pour « atteinte à l’ordre public » d’Abdelkader Bouziane, imam à Vénissieux. Le tribunal administratif de Lyon avait alors suspendu l’arrêté d’expulsion d’Abdelkader Bouziane considérant qu’il existait « un doute sérieux sur sa légalité ». Le CCIF s’inquiète de la recrudescence des arrestations de personnalités religieuses constatées depuis juillet 2003 sur notre territoire. Ces décisions apparaissent souvent comme étant le fait du prince et sont loin d’être fondées sur des accusations crédibles. Elles montrent également que la source du malheur qui frappe ces hommes et leurs familles sont trop souvent les notes blanches élaborées par les renseignements généraux. La vie de la minorité musulmane ainsi que de ses responsables est suspendue à des rapports qui peuvent être partiaux et qui, comme le relève le tribunal administratif de Lyon, rendent illégales des décisions d’expulsion. Le CCIF s’inquiète également que très peu de voix s’élèvent pour dénoncer l’acharnement dont fait l’objet la minorité musulmane de notre pays justifiée par la lutte contre le terrorisme. Après la campagne contre le voile, une traque contre une représentation de l’islam et des musulmans qui ne convient pas est engagée. Il est très préoccupant de constater que malgré la réhabilitation d'imams ou de jeunes filles voilées par les tribunaux dans leurs droits, l’Etat persiste à vouloir les désigner comme hors-la-loi. Le CCIF condamne avec force les arrestations ainsi que les expulsions qui présentent un doute sérieux sur leur légalité et demande que l’Etat agisse avec justice envers tous ses citoyens en n’accusant que les individus dont les faits reprochés sont avérés. Pour cela, le CCIF demande au ministère de l’intérieur de ne pas se contenter des notes des renseignements généraux pour fonder ses accusations car elles ont montré leurs limites dans l’efficacité de leurs investigations.
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