COMMUNIQUÉ DU PJM - RASSEMBLEMENT FRANCOPHONE SUR LA PLACE DE LINKEBEEK LE 6.3.2005

Propos par PJM / Abdoullah Bastin


Les droits de tous dans ce pays doivent être respectés
C’est notre devoir à tous de les réclamer pour tous

Les responsables du PJM étaient présents le dimanche 6 mars sur la place de Linkebeek. Le PJM, en effet, exige l'application de la Convention-cadre, toujours non ratifiée par la Belgique, sur la protection des minorités nationales, approuvée voici déjà trois ans par la Commission des affaires juridiques et des droits de l’Homme du Conseil de l’Europe.

Le PJM s’oppose à toute forme de répression, qu’elle soit linguistique ou religieuse, qu’elle s’exerce contre des minorités francophones, néerlandophones, arabophones ou turcophones, chrétiennes, juives, bouddhistes ou musulmanes.

Il ne défend pas les minorités comme telles, mais [il s’oppose à] l’injustice dont elles sont victimes, qui les maintient dans un état de discrimination inacceptable.

Les francophones belges de confession musulmane ont trouvé dimanche, quant à eux, à Linkebeek, deux raisons spécifiques de manifester, comme francophones et comme musulmans.

N’est-il pas édifiant qu’un Alain Destexhe, "électron libre" du MR rencontré au hasard d’un portillon militarisé établi au milieu de chevaux de frise interdisant momentanément toute traversée de la frontière linguistique, ait jugé bon de nous faire savoir que notre place n’était pas là, à ses côtés ? Les propos avenants de ce monsieur, à l’instar hélas ! des discours qui furent débités sur le podium, nous signifiait ainsi clairement qu’il n’était pas là, lui, pour défendre les francophones au nom de la justice, de l’égalité citoyenne et culturelle, mais au nom d’un exclusivisme culturel aux relents tristement racistes et discriminatoires, étroitement apparenté (en tant, supposément, qu’extrémiste fascisant "fransquillon"...) au sectarisme "barbare" des autres prénommés fascistes "flamingants".

Les musulmans belges n’auraient donc aucun droit à défendre comme lui, comme ses congénères, avec lui, avec eux, non pas leur langue (encore qu’ils le pourraient tout autant et au même titre), mais l’injustice qui leur interdit, précisément, de la défendre, de se défendre. Merci, M. Destexhe, pour cette nouvelle leçon que vous nous avez donnée, jusque et y compris sur les barricades honteuses de votre fausse démocratie, d’une islamophobie latente (ô combien active dans votre cas), d’un refus d’intégration xénophobe, d’une dénégation forcenée de l’autre, qui, pour être belge, francophone comme vous, et de même culture (ne vous en déplaise), n’en est pas moins pour vous qu’un musulman, donc un étranger interdit d’expression citoyenne spécifiquement nationale.

Le PJM ne soutient pas ceux qui prétendent préserver une langue, des acquis, des droits qu’ils refusent à leurs concitoyens au seul prétexte de leur croyance, de leur culture, de leur origine (toutes trois, au reste, supposées). Il est le partisan des francophones de la périphérie bruxelloise comme il le serait des néerlandophones dans des situations similaires. Il défend la justice, qu’elle soit bafouée par des groupes majoritaires ou non.

Cette manifestation devait être celle de tous les francophones et néerlandophones soucieux de justice et de reconnaissance mutuelle. La participation du PJM était légitime, responsable, nécessaire. Elle lui fut contestée. Il ne fut ni invité, ni accepté.

Les francophones de la périphérie bruxelloise sauront ainsi, s’ils ne le savaient pas, qu’ils sont mal défendus par des politiciens prétendument démocrates totalement insoucieux des droits des minorités comme telles, des irresponsables qui ne valent pas mieux que ceux d’en face, tout juste capables, en conséquence, et à tous les échelons politiques et institutionnels, d’alimenter les rancoeurs, les condamnations, les séparations dont ils sont les seuls et condamnables initiateurs.

07.03.05
LE PJM
Gagnez de l'argent lorsque l'on vous appelle !