L'interdiction de porter le voile à l'école (belgique)Proposé par Mouedden MouhsinA diffuser largement au sein des médias, associations et monde politique si vous estimez que la liberté d'_expression est un droit.
"Lettre ouverte"
Bruxelles, le 13 septembre 2005 Le MRAX (Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie) dénonce et propose des solutions suite aux modifications des R.O.I. (Règlement d’ordre intérieur) Par Mohsin Mouedden Suite a un désir de plus en plus ardent de la part de certains pouvoirs organisateurs de bannir tout « couvre-chef » et par conséquent le voile, nos sociétés tendent tout doucement à privilégier l’exclusion en lieu et place du respect de la neutralité, du dialogue et de la diversité culturelle et cultuelle. Dans la plupart des établissements scolaires ayant adopté ce nouveau règlement, les parents ainsi que les étudiants n’ont pas été invités à donner leurs points de vue, quant à l’écoute, elle a été quasi inexistante. Ce mépris affiché ne permet nullement le dialogue tant vanté par nos écoles. Le dialogue n’est-il que superficiel ? Comment peut-on parler d’une école qui émancipe et permet aux étudiants d’apprendre le sens profond de la démocratie, de la pluralité, du dialogue et du respect des cultures ? La position « courageuse » de la ministre présidente de la Communauté française, Marie Arena ainsi que de la plupart des politiques tant dans l’opposition que dans la majorité est d’une hypocrisie politique sans limite. Depuis des années pour ne pas dire toujours, le politique donne un blanc seing aux établissements scolaires afin que ceux-ci (sur des considérations souvent liées à une scène internationale explosive) jugent de la pertinence de réadapter voir modifier le règlement d’ordre intérieur. Ne nous trompons pas, ce qui dérange en haut lieu certains politiques, c’est le fait de prendre une position claire. Le politique sait pertinemment qu’en modifiant les règlements allant dans le sens de l’interdiction, ils violent l’un des piliers de notre Constitution. Ces derniers estiment alors que c’est au pouvoir organisateur de prendre une décision sur le voile. Pour un nombre très important des professeurs de la Communauté française, le voile est synonyme de soumission. Leurs visions reposent sur des préjugés tenaces, une méconnaissance, une scène internationale explosive et malheureusement aussi, car cela existe plus souvent qu’on ne le pense, sur un racisme anti-islam ou anti-musulman. Les chefs d’établissements ne sont donc nullement neutres, tant politiquement, idéologiquement que philosophiquement. Devant les violations de notre neutralité, l’exclusion des étudiantes mineures et l’apathie pour ne pas dire la duplicité du politique, le MRAX a décidé de prendre ses responsabilités pour porter l’affaire au Conseil d’état. Cette décision courageuse a déjà soulevé un tollé général. Les associations en principe (presque toutes politisées) ne sont soutenues que pour avaliser un discours dominant. Cette décision du MRAX (qui a tenté tant et plus le dialogue) détonne au sein d’un monde associatif habitué à courber l’échine et à accepter les décisions verticales. Le MRAX, en soutenant les étudiantes exclues, se base notamment sur la déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948, article 18. De plus, notre Constitution qui appelle à une neutralité, donne la possibilité aux élèves de manifester sa religion ou ses convictions. Aujourd’hui notre Constitution n’est pas violée par les étudiants ou certaines communautés minoritaires de notre pays. Cette dernière est ainsi trahie par nos établissements scolaires et les politiques complaisants. Jean-Jacques Rousseau affirmait ceci « l’instruction sans l’éducation n’est que ruine de l’âme ». Aujourd’hui, non seulement nous ruinons par nos complaisances, nos silences ou nos jugements de valeurs, l’instruction et l’éducation, mais pire nous insultons notre propre Constitution et par la même ces étudiantes mineures qui sont rappelons le, dans l’obligation scolaires. Le MRAX a été donc la seule organisation de notre pays à prendre ses responsabilités, une association qui combat les racismes depuis la seconde guerre mondiale ou l’uniformité prônée par des esprits malades a fini par créer le plus épouvantable des génocides et crimes de l’histoire de l’humanité. Bien évidemment, il n’y a aucun parallélisme à faire, il faut juste rappeler que la position du MRAX honore cette dernière pour le difficile combat qu’il mène depuis 1948, malgré des pressions inadmissibles. Le silence de nombreuses associations sur le sujet et notamment du Centre pour l’égalité des Chances (qui n’a jamais aussi bien porté son nom) n’est pas étonnant. Les pressions politiques, la crainte de voir des subsides rabotés ou des postes sacrifiés fait taire nombre d’associations qui sont favorables à la position du MRAX mais qui n’osent l’exprimer clairement et publiquement de peur de lendemains « moins enchanteurs ». Le MRAX dans son souci de construire une société juste, équitable et basée sur le respect de la neutralité propose à la Communauté française, 5 propositions pertinentes afin d’améliorer la qualité de notre enseignement. Ces cinq propositions qui globalement doivent améliorer la qualité de nos écoles ne sont pas exhaustives.
Ces 5 propositions sont déjà un mini programme « Marshall» pour venir à bout de nos écoles ghettos (ou non), cependant ne nous leurrons pas, depuis les années 80, nos écoles ne font la Une que dans les faits divers. Cette politique attentiste gonflera inévitablement les chiffres de l’analphabétisme, du chômage et de la délinquance. L’école ne doit en aucun cas, devenir un lieu d’exclusion, de rejet ou de préjugés mais doit au contraire devenir très rapidement un lieu d’apprentissage, de connaissance, de partage dans le respect de la pluralité et de la diversité. Par ces actions constructives, le MRAX tend à démontrer qu’une société doit être le reflet de sa population, dans le respect de nos lois et Constitutions. Un enfant et par conséquent un/une étudiant(e) a le droit d’étudier, de s’instruire et de recevoir une éducation digne. Les jeunes sont l’avenir de notre pays… Quel message leurs donnons nous, lorsque nous excluons certaines élèves qui ne demandent qu’à apprendre ? Est cela l’objectif de l’enseignement ? Exclure la différence ? Exclure la diversité ? Exclure le cultuel ? Exclure l’interculturalité ? Exclure les citoyens de demain, car d’origine différentes ? Quel message donnons nous aux peuples belges, aux autres étudiants non musulmans ? Le voile est synonyme de rejet, d’exclusion, d’intégrisme… Comment s’étonner que nos sociétés tendent vers les extrémismes, là ou nos écoles sont censées nous enseigner le respect de la pluralité et de la diversité ? Nous faisons fausse route. Nous pensons qu’en excluant les filles musulmanes portant le voile, c’est la laïcité qui triomphe. Nous pensons qu’en portant le débat sur le voile, nous sommes sur le point de résoudre les problèmes de l’enseignement et nos maux post-11 septembre 2001.. Nous pensons qu’en étant fermes et radicaux, nous faisons avancer la cause de « l’humanisme » et de la démocratie. Nos combats idéologiques et populistes prennent le dessus sur les vrai priorités (étudier dans des écoles dignes, améliorer la qualité de l’enseignement, donner les moyens aux professeurs, renforcer les équipes pédagogiques, réduire le nombre d’élèves dans les classes, soutenir les étudiants défavorisés, lutter contre les chancres et les ghettos scolaires, combattre les discriminations des écoles « belges » ou favorisées…) Le débat « voile » est un faux débat, au lieu d’exclure illégalement des jeunes musulmanes, excluons l’exclusion, car telle est notre mission : donner une chance à chaque enfant qu’il soit noir, blanc, croyant ou non a pouvoir obtenir une instruction basée et bâtie sur les notions de la neutralité, de la diversité et du « vivre ensemble ». Pour conclure je voudrais au nom d’une grande majorité silencieuse, belge musulmane ou non, croyante ou non, saluer le courage d’une association qui depuis maintenant plus d’un an tente avec un certain dynamisme à remettre cette organisation populaire (et non populiste) au centre de la vie bruxelloise en redevenant grâce à une nouvelle équipe dirigeante dynamique, à l’assemblée générale ainsi qu’aux travailleurs sociaux, un porte drapeau de l’anti-racisme en Belgique.. Mouedden Mohsin, Educateur scolaire depuis 1998, Formateur à la citoyenneté dans le primaire et le secondaire.
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