Beate Winkler : L'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes a publié un rapport sur «Les musulmans au sein de l'Union européenne: discrimination et islamophobie». Ce rapport examine les données et les informations disponibles sur l'importance et la nature de la discrimination dont sont victimes les musulmans, et des actes d'islamophobie dans l'Union européenne.
La discrimination à l'encontre des musulmans et les actes violents islamophobes peuvent être attribués à des attitudes islamophobes aussi bien qu'à des comportements racistes et xénophobes, ces éléments étant souvent étroitement liés. Il faut par conséquent interpréter l'hostilité à l'égard des musulmans dans le cadre plus général de la xénophobie et du racisme à l'encontre des migrants et des minorités.
Quant à la discrimination, notre rapport montre que de nombreux musulmans européens sont victimes d'actes de discrimination au niveau de l'emploi, de l'éducation et du logement - indépendamment de leur origine ethnique ou de leur rapport à la religion. En même temps, les musulmans font l'objet d'actes islamophobes allant d'insultes à des agressions physiques et à des incendies volontaires.
Par exemple, les données disponibles montrent que le taux de chômage des musulmans européens est supérieur à la moyenne. Au Royaume-Uni, par exemple, le taux de chômage des musulmans est supérieur à celui de tout pratiquant d'une autre religion.
Des tests montrent que les musulmans font l'objet d'actes de discrimination et que leurs possibilités d'emploi sont limitées. En France, par exemple, l'université de Paris a envoyé différents curriculum vitae standard à 250 offres d'emploi. Ces curriculum vitae émanaient de personnes dont on pouvait plus ou moins deviner l'origine ethnique. La probabilité d'obtenir une réponse positive pour les candidats originaires d'Afrique du Nord était cinq fois moins élevée.
Le rapport montre également que la réussite scolaire des Musulmans est inférieure à la moyenne. Dans plusieurs États membres, les immigrés ont des taux de réussite scolaire et des niveaux de qualification généralement inférieurs à ceux de la population majoritaire.
La discrimination et le racisme sont interdits par la loi. Le défi clé qui se pose est celui du renforcement de la cohésion dans la société européenne, c'est-à-dire du respect de la diversité, de la reconnaissance des droits fondamentaux et de la garantie de l'égalité des chances pour tous.