La véritable stratégie de George Bush & Compagnie proposé par l'UML
(© Michel Collon Texte d'origine : 05.11.01 ).
Et si l'objectif n'était pas Ben Laden?
Michel Collon, auteur et spécialiste des questions militaires, a relevé quatre invraisemblances dans le scénario officiel américain de la guerre. Il apporte de nouveaux éléments sur les vériatbles enjeux de la guerre.
Michel Collon
Si c'était un film, le scénario de cette guerre serait rejeté comme ne tenant pas debout. Première invraisemblance : officiellement, on nous dit qu'il s'agit de liquider les réseaux de Ben Laden. Mais, après quatre semaines, la plus puissante armée du monde n'a ni capturé ni tué un seul terroriste. Est-ce une surprise -? Non. Il y a quelques années, le général Downing des forces spéciales US l'avait expliqué: "Nos armes à haute précision ne peuvent détruire des infrastructures criminelles."
Deuxième invraisemblance: chacun sait qu'on n'éliminera pas le terrorisme avec des bombes mais en s'attaquant aux injustices et aux oppressions qui lui fournissent un terreau. S'attaque-t-on dès lors à la faim dans le monde que 15 milliards de dollars (675 milliards FB) suffiraient à éliminer? Non, on augmente de 40 milliards (1.800 milliards FB) le budget militaire US, et les budgets européens vont bientôt suivre.
Troisième invraisemblance: il est évident que bombarder des civils musulmans ne fera qu'accroître les risques y compris sur le territoire européen. Mais on le fait.
L'Alliance Nord de feu le commandant Massoud, notoirement compromise dans les trafics et le terrorisme. Qui donc avait, en 1994, imposé la Charia (loi islamiste) comme constitution du pays ? Massoud lui-même.
Quatrième invraisemblance : on nous dit qu'il faut éliminer les talibans pour garantir la démocratie et respecter les droits des femmes. Et qui veut-on mettre à leur place ? L'Alliance Nord de feu le commandant Massoud, notoirement compromise dans les trafics et le terrorisme. Qui donc avait, en 1994, imposé la Charia (loi islamiste) comme constitution du pays ? Massoud lui-même.
On pourrait ajouter d'autres scènes invraisemblables de ce film mal ficelé : Est-il exact que, peu avant les attentats, Ben Laden, l'ennemi public prétendument recherché depuis trois ans, soit venu tranquillement se faire soigner à Dubaï et y ait rencontré le responsable local de la CIA ? Est-il pensable que les services policiers US n'aient été au courant de rien avant le 11 septembre, mais nous amènent, dès le lendemain, la liste de tous les coupables et leur manuel de pilotage ?
Les questions que vous n'avez pas entendues à la télé…
Avez-vous entendu débattre de toutes ces invraisemblances dans les médias officiels ? Non. Les médias européens se limitent, au mieux, à questionner la manière, en suggérant davantage de diplomatie (c'est-à-dire de pressions et de chantages) et moins de frappes aveugles et "inefficaces". Mais ce qui reste tabou, ce sont les véritables objectifs, cachés, de cette guerre ? Ben Laden servirait-il de prétexte ? Plusieurs indices vont dans ce sens…
Premier indice : en 1999, puis en 2001, les talibans, estimant que la présence de Ben Laden sur leur territoire empêchait leur reconnaissance internationale, ont proposé aux Etats-Unis de l'éliminer ou de le neutraliser. Par deux fois, Washington a refusé. C'est ce que vient d'affirmer Laili Helms, qui représente officiellement les talibans à Washington. Washington n'a pas démenti. Pourquoi ?
Après les attentats, les talibans ont proposé de livrer Ben Laden pour qu'il soit jugé dans un pays neutre. Mais Bush a immédiatement refusé.
Deuxième indice : après les attentats, les talibans ont proposé de livrer Ben Laden pour qu'il soit jugé dans un pays neutre. Une telle solution avait été appliquée pour l'attentat aérien de Lockerbie, débouchant sur la condamnation d'un citoyen libyen. Mais Bush a immédiatement refusé. Pourquoi ?
Troisième indice : la guerre aurait été décidée bien avant les attentats.
C'est ce qu'a dit devant la BBC, dès le 18 septembre, l'ancien ministre pakistanais des Affaires étrangères Niaz Naïk : "Des fonctionnaires américains lui avaient parlé - fin juillet déjà - d'un plan américain visant à lancer une action militaire pour renverser le régima taliban et installer à sa place un gouvernement d'Afghans "modérés". Cela se ferait à partir de bases situées au Tadjikistan où les conseillers US étaient déjà en place. On lui déclara que si l'action était maintenue, elle aurait lieu avant les neiges, vers la mi-octobre au plus tard."
En définitive, comment expliquer toutes ces invraisemblances ? Eh bien, ce que Bush poursuit à travers cette guerre, ce n'est pas Ben Laden mais quatre objectifs bien plus vastes :
1. Contrôler le pétrole et le gaz d'Asie centrale.
2. Imposer les bases militaires US au coeur de l'Asie entre Chine et Russie.
3. Militariser l'économie US comme "solution" à la crise qui couve.
4. Briser la résistance du tiers monde et la lutte anti-mondialisation.
Cet article se limitera aux deux premiers objectifs.
Objectif n° 1 : Contrôler les routes du pétrole
Beaucoup de guerres dites "incompréhensibles" sont en réalité des guerres pour l'or noir, écrivions-nous dans notre livre Monopoly. Les multinationales pétrolières US et leur gouvernement entendent contrôler toutes les routes permettant d'exporter les énormes réserves de pétrole et de gaz d'Asie centrale. Nos cartes géographiques indiquaient les pays ayant le malheur de se trouver sur les routes vers l'Ouest : Tchétchénie, Géorgie, Kurdistan, mais aussi Yougoslavie et Macédoine. Autant d'ingérences, autant de guerres.
Un diplomate US au Pakistan confiait en 1996 : "Vous ne pouvez injecter des milliards de dollars dans un Jihad anticommuniste(..) Mais nous l'avons fait. Nos objectifs n'étaient pas la paix et le bien-être en Afghanistan. Notre objectif était de tuer des communistes et de chasser les Russes."
Mais ces cartes montraient aussi les menaces planant sur la route Est (vers la Chine et le Japon) puisque la CIA y soutient activement les milices islamistes ouïgoures anti-chinoises. Ainsi que sur la route Sud puisque la multinationale US Unocal intrigue depuis longtemps pour construire et exploiter le pipe-line à travers l'Afghanistan et le Pakistan. Juteux bénéfices à la clé.
La guerre annoncée est donc arrivée. En fait, depuis plus de vingt ans, Washington manoeuvre et complote afin de s'emparer de l'Afghanistan, carrefour stratégique de l'Asie. Le but n'a pas varié, mais les méthodes si. Ce fut d'abord en armant les milices islamistes contre l'Union soviétique. Un diplomate US au Pakistan confiait en 1996 : "Vous ne pouvez injecter des milliards de dollars dans un Jihad anticommuniste, accepter des participants du monde entier et ignorer les conséquences. Mais nous l'avons fait. Nos objectifs n'étaient pas la paix et le bien-être en Afghanistan. Notre objectif était de tuer des communistes et de chasser les Russes."
Ainsi, les moudjahiddins de la CIA ont renversé le seul régime qui ait jamais émancipé les femmes afghanes et tenté, en dépit de graves défauts, d'apporter un peu de progrès social. Et comment ces moudjahiddins ultra-pauvres payèrent-ils les armes américaines ? En transformant leur pays - avec la bénédiction de la CIA - en premier producteur mondial d'héroïne. Ce qui entraîna la création de la très importante filière de la drogue Afghanistan-Turquie-Balkans-Europe. Avec toutes ses conséquences. Le cocktail pétrole - armes - drogue est d'ailleurs un classique de la CIA.
Interrogée sur le sort des femmes afghanes, Madeleine Albright répondait alors : "Affaire intérieure" !
Après cette grande victoire de "leur" terrorisme, les Etats-Unis favorisèrent les talibans en dépit des vives critiques d'organisations de défense des droits de l'homme. Interrogée sur le sort des femmes afghanes, Madeleine Albright répondait alors : "Affaire intérieure" ! La ministre US des Affaires étrangères jouait son rôle de représentante de commerce puisqu'Unocal invitait somptueusement ces talibans au Texas.
Puis, Unocal et donc Washington décidèrent de changer de cheval. Les talibans n'ayant pas réussi à stabiliser le pays divisé, il fallait miser sur d'autres forces pour remplacer les alliés d'hier devenus gênants. Cette guerre, décidée bien avant les attentats, n'est donc pas plus humanitaire que les précédentes.
Mais l'Afghanistan n'est pas du tout le seul pays victime de la guerre pour le pétrole et le gaz. Outre l'Irak, citons entre autres le Caucase, la Colombie, l'Algérie, le Nigéria, l'Angola... Bref, partout dans le monde où l'on trouve pétrole ou gaz, les Etats-Unis décident que cela leur appartient, ils cherchent à y installer leurs bases militaires et provoquent ou excitent les guerres qu'ils jugent utiles à leurs intérêts.
Non, les Etats-Unis n'ont pas besoin de tout ce pétrole. Les réserves des gisements situés aux USA sont entre trois et cinq fois supérieures à celles de l'Asie centrale. Et celles de gaz naturel dix fois.
Toute personne sensée se demandera donc : les Etats-Unis ont-ils vraiment besoin de tout ce pétrole pour leurs usines et leurs voitures, en supposant même qu'on doive conserver l'actuel modèle économique absurde, gaspilleur et polluant, où le litre de pétrole, sous-payé aux producteurs, est en fait moins cher, hors taxes, que le litre d'eau ?
Non, les Etats-Unis n'ont pas besoin de tout ce pétrole. Les réserves des gisements situés aux USA sont entre trois et cinq fois supérieures à celles de l'Asie centrale. Et celles de gaz naturel dix fois. Il ne s'agit donc pas d'assurer, comme le gouvernement US le dit à chaque guerre "la sécurité des approvisionnements énergétiques".
"Qui veut diriger le monde doit contrôler le pétrole. Tout le pétrole. Où qu'il soit."
Nouvelle question donc, aussi logique : le pétrole est-il le but ultime des Etats-Unis ? Non, ce n'est pas un but en soi. C'est une arme, une possibilité de chantage. Comme nous l'écrivions également dans Monopoly ( p. 112) : "Qui veut diriger le monde doit contrôler le pétrole. Tout le pétrole. Où qu'il soit." Dans la guerre économique qui caractérise le capitalisme, les Etats-Unis entendent détenir un moyen de pression stratégique en contrôlant l'approvisionnement énergétique de leurs grands rivaux (Europe et Japon) et celui d'autres pays risquant de se montrer trop indépendants. Aussi, quand il s'agit d'installer des bases militaires dans certaines régions pétrolières, Washington n'y invite certainement pas ses "chers alliés".
Ceci dit, le pétrole suffit-il à expliquer cette guerre contre l'Afghanistan ? Non, et les Etats-Unis connaissaient bien la difficulté de conquérir ce pays. Les Britanniques et les Soviétiques s'y cassèrent déjà les dents.
Objectif n° 2 : Imposer les bases militaires US au coeur de l'Asie
En 1997, Zbigniew Brzezinski, conseiller du président Carter, définissait l'axe - clé de la politique étrangère américaine : contrôler l'Eurasie (Europe + Asie), soit 75% de la population mondiale et 60% des richesses économiques et naturelles. Pour cela, il fallait affaiblir les rivaux potentiels : Europe, Russie, Chine. Et empêcher toute alliance entre eux.
C'est le continent asiatique qui connaît et va connaître la plus forte expansion. Et en Asie, la Chine excite particulièrement les convoitises avec son formidable marché potentiel et ses exceptionnels taux de croissance de 8% ou plus. Sa production a presque triplé entre 1990 et 1999.
A côté de la Chine, deux autres puissances d'Asie sont également visées : la Russie et l'Iran.
Le rêve de Washington, c'est de ramener la Chine à l'état de néo-colonie et bien sûr de liquider le socialisme. Rêve pas facile à réaliser, que ce soit par les dollars ou par les menaces. Car Pékin poursuit imperturbablement sa propre stratégie : développement accéléré tout en maintenant la coexistence pacifique avec les Etats-Unis. Cependant les dirigeants chinois ont très bien compris l'avertissement lancé en 1999 lorsque les Etats-Unis ont délibérément bombardé leur ambassade à Belgrade. En réalité, ce qui vient de commencer en Afghanistan, c'est l'encerclement stratégique de cette Chine trop rebelle et trop puissante.
Mais deux autres puissances d'Asie sont également visées : la Russie et l'Iran. Certes, la nouvelle bourgeoisie russe est actuellement réduite aux seconds rôles, ses moyens d'action étant fortement limités par la catastrophe sociale et économique provoquée par la restauration capitaliste. Cependant, elle cherche à rejouer au plus vite un rôle international de poids. En combinant deux méthodes... Parfois s'allier servilement, à l'Ouest, parfois jouer sa propre carte, pour se rendre plus "nécessaire" et faire monter les enchères. Ainsi, Moscou fait du commerce ou noue des alliances avec des pays classés "voyous" par Washington : Corée du Nord, Iran, Irak, Syrie... Et Poutine s'oppose au bouclier dit anti-missiles, c'est-à-dire à la relance d'une ruineuse course aux armements.
Que veut Washington, par exemple en soutenant les milices islamistes séparatistes en Tchéchénie ? Profiter de la brève période où la Russie est dans le creux de la vague pour l'affaiblir durablement et l'empêcher de redevenir une rivale sérieuse.
Washington encaissa une cuisante défaite dans ce pays avec la révolution islamique et anti-impérialiste de 1979
La troisième puissance de cette région que Washington cherche à déstabiliser, c'est l'Iran. Après avoir organisé en 1952 le renversement du trop indépendant premier ministre iranien Mossadegh, après avoir soutenu la sanglante dictature du Chah Pahlevi, Washington encaissa une cuisante défaite dans ce pays avec la révolution islamique et anti-impérialiste de 1979. Pour l'affaiblir, elle a alors délibérément provoqué la guerre Iran - Irak (80-88). Elle a également joué la carte de l'Afghanistan pour exacerber les contradictions entre musulmans chiites (Iran) et sunnites (Arabie Saoudite, émirats du Golfe, Afghanistan, Pakistan).
Dans ce pays, Washington misa sur la stratégie islamiste sunnite du général Zia qui avait éliminé physiquement le premier ministre Bhutto. C'est notamment par l'intermédiaire des services secrets pakistanais que la CIA utilisa les moudjahiddins afghans. But : affaiblir l'URSS, mais aussi l'Iran.
"Empêcher une alliance anti-hégémonique Chine - Russie - Iran"
Bien sûr, le grand principe de toute politique impérialiste reste "Diviser pour régner". Sur ce continent asiatique, voici que les Etats-Unis craignent par dessus tout, explique encore Brzezinski : "La Chine pourrait être le pilier d'une alliance anti-hégémonique Chine - Russie - Iran."
Une telle alliance s'est ébauchée avec le "Groupe de Shanghaï", qui réunit la Chine, la Russie et quatre républiques d'Asie centrale: Kazakhstan, Tadjikistan, Kirghizstan et Ouzbekistan. Objet : coopération contre les incursions du terrorisme islamiste et collaboration économique. Insupportable pour les Etats-Unis, qui n'ont jamais admis, nulle part dans le monde, que s'instaure un "marché commun" qui ne leur soit pas soumis.
Pourtant, une telle coopération serait bienvenue pour ces républiques, sinistrées elles aussi par la restauration du capitalisme et la destruction de l'URSS. La production industrielle du Kazakhstan et du Tadjikistan a baissé de 60%. Selon les propres experts de l'US Army, "une telle faillite économique est comparable à l'entrée en guerre du pays."
Dans le Caucase, Azerbaïdjan et Géorgie se sont entièrement intégrées dans la stratégie US. Par contre, les républiques pétrolières d'Asie centrale sont plus réticentes, pesant le pour et le contre d'un rapprochement économique et politique avec la Chine et la Russie.
Bref, ce n'est nullement un hasard si les Etats-Unis interviennent en Afghanistan. Ils ont décidé d'utiliser ce pays, situé en plein coeur de l'Asie comme base pour de futures actions contre la Russie, l'Iran ou la Chine voisines. Washington est intéressée par l'ancienne base soviétique de Bagram en Afghanistan, mais - c'est plus facile - a déjà converti l'Ouzbekistan en base militaire et veut prendre le contrôle des aéroports du Turkmenistan. But : chasser les troupes russes de la région. Vraiment très utile, cette guerre.
Dans le Caucase, Azerbaïdjan et Géorgie se sont entièrement intégrées dans la stratégie US. Par contre, les républiques pétrolières d'Asie centrale sont plus réticentes, pesant le pour et le contre d'un rapprochement économique et politique avec la Chine et la Russie. Comment les faire basculer ? Rappelons cette maxime de l'ancien ministre US James Baker : "Nous ne devons nous opposer à l'intégrisme que dans la mesure de nos intérêts."
Si ces républiques pétrolières refusent de se soumettre, les Etats-Unis les déstabiliseront totalement en utilisant avec encore plus d'intensité les milices islamistes basées en Afghanistan.
Bientôt, si ces républiques pétrolières refusent de se soumettre, les Etats-Unis les déstabiliseront totalement en utilisant avec encore plus d'intensité les milices islamistes basées en Afghanistan. Un scénario déjà expérimenté au Kosovo : c'est juste à côté et avec l'aide de la base militaire US de Camp Bondsteel que les terroristes de l'UCK ont attaqué le sud de la Serbie fin 2000 et la Macédoine au printemps 2001. Aujourd'hui, tous les pays d'Asie centrale sont plus ou moins engagés dans une guerre contre ces milices panislamistes. Dont la principale est le Mouvement islamique de l'Ouzbekistan, entraîné à Mazer-i-Sharif, qui abrite aussi les milices actives en Tchétchénie et dans le XingJiang chinois.
Grâce à la guerre contre l'Irak, les Etats-Unis ont pu implanter des bases militaires dans le Golfe persique. Grâce à la guerre contre la Yougoslavie, ils se sont installés en Bosnie, au Kosovo et en Macédoine. Cette fois, ils espèrent s'installer en Géorgie, Azerbaïdjan, Turkménistan et Ouzbekistan, tout en modernisant leur base turque d'Incirlik et celle d'Arabie.
S'ils parviennent à conquérir une position aussi avantageuse, ils seront plus proches militairement de l'Iran, du Pakistan et de la Chine et encercleront mieux encore la Russie. Excellent point de départ aussi pour de nouvelles aventures vers le sud : Océan Indien, Indochine…
En fait, ils ne sont pas pressés de trouver Ben Laden !
Retour à l'actualité. Pourquoi le chef de l'état-major britannique vient-il de déclarer que ce conflit "pourrait durer 50 ans" ! En fait, ils savaient depuis le début qu'on ne s'installe pas en Afghanistan en deux jours et que cette guerre serait longue, mais ils ont dû attendre quelque peu avant de le dire. L'important était de déclencher la guerre en manipulant l'opinion et en forçant leurs "alliés".
Mais à présent que les Etats-Unis ont engagé leur prestige dans cette affaire, pourquoi le ministre US Rumsfeld commence-t-il à dire que peut-être on ne trouvera pas Ben Laden ?
Le chef de l'état-major britannique vient-il de déclarer que ce conflit "pourrait durer 50 ans"
Parce que, si vous êtes une superpuissance et que vous tenez absolument à implanter vos bases militaires en un point stratégique où elles ne sont pas tellement désirées, vous devez bien cacher votre jeu. Créer d'abord un problème en jetant de l'huile sur le feu. Et veiller à ce qu'il ne soit pas résolu de sitôt. Un précédent : les USA ont promis un Kosovo multiethnique et pacifié, mais en réalité ils ont armé et excité l'UCK afin de déstabiliser la région pour longtemps. Grâce à quoi ils ont pu y installer leur plus grande base militaire créée à l'étranger depuis la guerre du Vietnam. Washington ne veut pas d'une solution, elle veut seulement un problème. De longue durée.
Pour une superpuissance qui veut dominer et exploiter le monde, plonger délibérément les peuples dans la souffrance n'est pas un problème moral. Juste un atout dans le grand jeu stratégique. La définition de la barbarie moderne, c'est ça.
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