Les États-Unis exigent une occidentalisation de l'Islam pour justifier leurs ambitions au Proche-Orient proposé par l'UML
(© Texte d'origine: Réseau voltaire.com)
Tribunes libres internationales - Numéro 75
À la veille du discours annuel du président George W. Bush sur l'état de l'Union, ses partisans appellent de leurs vœux une déclaration publique qui vienne appuyer les propos de Donald Rumsfeld contre la France et l'Allemagne. Martin Indyk et Kenneth M. Pollack conseillent au président de passer outre l'opposition de la France, de l'Allemagne et de l'ONU et d'engager les États-Unis dans la guerre. Pour cela, poursuivent-ils dans le New York Times, il doit expliquer aux États-uniens que la collaboration de l'Irak avec les inspecteurs est insuffisante et que seule la force peut contraindre ce pays à désarmer. Beaucoup plus virulent, le colonel Oliver North stigmatise dans le Washington Times l'esprit munichois de « Chirac-Pétain » face à « Hussein-Hitler ». Il préconise de faire la guerre pour l'honneur avec la participation du Royaume-Uni et de laisser la France dans le déshonneur.
Ces excès de langage font frémir Charles Kennedy, le leader libéral britannique. Il s'interroge dans The Observer sur la présence d'un quart de l'armée du Royaume-Uni dans le Golfe, contre l'avis manifeste des sujets de la Couronne et sans débat à la Chambre des communes.
Le professeur Edward Saïd s'indigne, dans le Guardian, de l'actuel discours dominant en Occident selon lequel l'Islam devrait se réformer, c'est-à-dire s'occidentaliser, sinon s'américaniser. Il perçoit derrière ce discours composé de clichés une justification de la volonté des États-Unis de redessiner le Proche-Orient à leur guise en détruisant une civilisation qu'ils méconnaissent et qu'ils méprisent.
Le chanteur et militant Bono interpelle le président Bush dans le Washington Post pour qu'il se montre aussi généreux que les États-uniens et vienne en aide aux Africains qui luttent contre le sida.
Dans un tout autre registre, Jorge Dominguez et Steven Levitsky comparent, dans le New York Times, le président élu Hugo Chavez à Peròn et Pinochet. Ils reconnaissent que l'opposition n'est pas aujourd'hui capable d'exercer le pouvoir, ni légitime. Mais ils affirment qu'elle est pourtant majoritaire et devrait donc prendre le pouvoir par les urnes.
Enfin, alors que la tension monte entre l'Inde et le Pakistan, qui viennent d'expulser mutuellement des diplomates, Larry Pressler plaide pour une alliance des États-Unis avec l'Inde, donc contre le Pakistan. Il note dans le Washington Times qu'Islamabad est en réalité soutenu par le Pentagone, mais que l'intérêt stratégique et économique de Washington est en réalité à New Delhi. Il souligne à sujet l'importance de l'industrie informatique indienne, mais passe sous silence la résistance de l'Inde au sein de l'OMC.
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